DIACONAT ROMAND
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Quand la diacre "joue au pasteur", A.-M. Droz
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Quand la diacre "joue au pasteur", A.-M. Droz


Après tant de lignes combatives en faveur d’une Eglise ouverte à d’autres formes de ministères, je me sens un peu traîtresse à la noble cause en vous avouant  que ma foi, j’aime accomplir mon travail en paroisse…

Revenant dans l’Eglise vaudoise après de nombreuses années, je me suis vue comme à tant d’autres proposer de tenter le coup dans une paroisse, de campagne si plus est. Autant dire que ce n’était pas gagné d’avance. Heureusement, un Conseil décidé a réussi à convaincre la population de fixer désormais des objectifs diaconaux, soit de mettre un accent particulier sur les groupes et les rencontres, de stimuler la vie communautaire, et d’encourager l’entraide.

Evidemment, rien de révolutionnaire à cela, les paroisses l’ont toujours fait. Mais peut être la sagesse de « faire avec », la souplesse de vouloir profiter de capacités différentes, et aussi le courage de diminuer un nombre de cultes devenu inadapté au vu des fréquentations. Ce qui ne va pas sans souffrances. Bref, ce petit tableau de la situation pour dire qu’il y a aussi en acceptant de se couler dans le moule de l’Institution, moyen de ne pas perdre son âme…Vous me rétorquerez sans doute que tous les collabos de l’histoire ont dit cela !

Pour en revenir au titre, soufflé par une collègue bien décidée à ne pas le faire, il est vrai qu’occuper une place en paroisse est doublement contradictoire : il répond à la nécessité de la planification, mais n’est pas forcément bien perçu par la population, qui y voit une mesure d’économie de la part des dirigeants de l’Eglise. Quelqu’un qui selon eux n’a pas fini ses études (on me l’a dit) et qui aspire à prendre la place de quelqu’un de plus qualifié, forcément.

Soyons clairs, j’appelle de mes vœux une meilleure répartition des différentes tâches qui composent ce qu’on nomme encore la « pastorale », et si possible en région, en tenant compte des qualifications et charismes des personnes en place. Nous sommes encore héritiers d’un modèle où chaque pasteur était maître chez lui…et accomplissait toutes les tâches, de bon ou de mauvais gré. Toutefois, en attendant que les choses évoluent, et elles le font déjà avec les structures mises en place, pourquoi ne pas s’investir joyeusement dans ces possibilités de généraliste ?

Pour moi la vision d’un ministère diaconal réside dans le mouvement de base de récolter pour redonner, et cela autour de la table sainte. (Eh oui, j’ai été marquée par Gottfried Hamman).

Je ne fais rien d’autre dans ma tâche actuelle que de récolter du temps, de la bonne volonté des compétences et de redistribuer cela au profit non seulement des paroissiens mais de la population locale, voire en ce qui concerne Terre Nouvelle, de la population lointaine. Encore une fois, ce n’est pas moi qui « fais », par contre je recueille précieusement les initiatives et coordonne, par exemple les visiteuses qui veulent offrir des visites, les monitrices qui aimeraient enseigner, les laïcs qui ont quelque chose à partager lors d’un culte ou les personnes qui aimeraient prier ensemble. En faisant cela je me sens fidèle au vœu de ma consécration d’encourager mes frères et sœurs au service.

Ce n’est pas là, bien entendu, le modèle unique, et fort heureusement .D’autres ont un appel plus pressant à œuvrer dans les marges, le mien vise seulement  à entretenir ce terreau précieux, ce levain vivant de la communauté chrétienne, qui continue d’être aussi nourriture pour le monde.

 

Anne-Marie Droz, 04.2009