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L'AGORA, Aumônerie oecuménique auprès de requérants d'asile à Genève



Savez-vous qu'à l'aéroport international de Genève, des requérants d'asile débarqués de diverses régions du globe (Sri Lanka, Afghanistan, Pakistan, Côte d'Ivoire, Nigeria, etc) se retrouvent assignés à résidence dans la zone dite « internationale » de Cointrin? Depuis deux ans, les procédures d'asile ont lieu à l'aéroport même.

Comme dans les centres d'enregistrements, l'Office fédéral des Migrations accorde deux auditions aux requérants d'asile. Ensuite, et si la réponse est négative, ils peuvent adresser un recours au Tribunal administratif fédéral. L'association ELISA-Asile  les aide souvent dans leurs démarches juridiques. Nombre d'entre eux sont contraints de rester deux mois au sein de l'aéroport sans sortir, si ce n'est pour prendre l'air sur la terrasse grillagée.

L'équipe œcuménique de l'aumônerie de l'aéroport prête une oreille attentive aux requérants d'asile à qui elle rend visite tous les jours de la semaine. Ces derniers souffrent toutes et tous de solitude, d'ennui, de manque de perspective et de divers maux générés par leur inquiétude. Ils nous confient ce qui les angoisse. Nous les écoutons et les aidons à compter sur leurs ressources spirituelles et psychologiques. Nous sommes quotidiennement enrichis par ces rencontres et attristés par notre impuissance face à leur souffrance.

Il existe un lieu de recueillement dans la zone dite « de Schengen », fréquenté par les passagers et employés de l'aéroport. Malheureusement, les requérants d'asile sont retenus dans la zone « internationale » de l'aéroport et n'ont plus accès au lieu de recueillement depuis les transformations de l'aéroport. Pourtant nombre d'entre-eux ont une vie spirituelle vivante et nous espérons obtenir un jour un lieu qui respecte leurs convictions. Nous les encourageons à garder le lien avec Dieu, leur compagnon de route.

Au terme de deux mois de rétention à l'aéroport, certains sont directement conduits à la prison de Frambois, lieu de détention administrative des étrangers. Je les retrouve lors de mes visites hebdomadaires. La détention est mal vécue et les détenus ont besoin de raconter leur révolte, leur angoisse et le sentiment d’injustice qui les habite bien souvent. Un certain nombre de détenus restent de nombreux mois et des liens se créent au fil des semaines.

D'autres requérants d'asile sont attribués au canton. D'autres sont priés de s'en aller car ils ont été déboutés ou ont été frappés d'une « non-entrée en matière ». Pour l'heure, ils vivent à Genève et je leur présente l'appartement de l'AGORA, au cœur du Centre pour requérants d'asile des Tattes. Ils peuvent y prendre des cours de français, d'informatique, être aidés dans toutes sortes de démarches, selon leurs besoins ou simplement boire un thé et parler!

                                              

 Anne-Madeleine Reinmann-Ducret

Pour en savoir plus sur l'AGORA